Journée européenne des personnes handicapées
Journée européenne des personnes handicapées
Les 4 et 5 décembre 2025, la Journée européenne des personnes handicapées a réuni à Bruxelles les institutions européennes, les États membres et les organisations représentatives. Le BDF y a également participé. À mi-parcours de la stratégie européenne 2021-2030, les discussions ont révélé que le fossé entre les ambitions initiales et la réalité quotidienne des personnes handicapées se creuse, en particulier dans le contexte actuel de crises, de restrictions budgétaires et de réduction de l'espace dédié au dialogue social.
Vers une Europe plus inclusive : les droits, les budgets, les crises et l'accessibilité au cœur des débats
Les 4 et 5 décembre 2025, la Journée européenne des personnes handicapées a réuni à Bruxelles les institutions européennes, les États membres et les organisations représentatives. Le BDF y a également participé. À mi-parcours de la stratégie européenne 2021-2030, les discussions ont montré que le fossé entre les ambitions initiales et la réalité quotidienne des personnes handicapées se creuse, surtout dans le contexte actuel de crises, de contraintes budgétaires et de réduction de l'espace dédié au dialogue social.
Discours d'introduction : confirmer les priorités, rappeler l'urgence
Dès le début, Mme Hadja Lahbib, commissaire européenne à l'Égalité, a rappelé que l'Union européenne compte aujourd'hui près de 100 millions de personnes handicapées. Elles restent trop souvent invisibles et doivent, selon elle, être « vues, entendues et valorisées ». La commissaire a souligné l'importance d'une approche transversale, intégrant le handicap dans toutes les politiques européennes, y compris dans la gestion des crises. L'accessibilité ne doit pas être une option, mais une obligation respectée par les États membres et soutenue par des budgets adéquats.
Le président du Forum européen des personnes handicapées (FEPH), M. Ioannis Vardakastanis, s'est montré plus sévère dans son discours : l'Union européenne ne peut plus se contenter de déclarations d'intention alors que près de 100 millions de personnes handicapées sont toujours victimes de discrimination structurelle. Il a dénoncé l'absence de garanties suffisantes dans les propositions budgétaires pour la période après 2027, en particulier la remise en question de la part minimale des fonds sociaux consacrée à l'inclusion et le fait que la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées soit expressément absente des conditions d'attribution des fonds européens. Le FEPH considère ces choix comme un recul politique préoccupant.
La deuxième stratégie européenne en faveur des droits des personnes handicapées
Le premier panel a souligné l'urgence de renforcer la deuxième phase de la stratégie européenne par des mesures plus strictes. Les intervenants ont rappelé que les personnes handicapées sont toujours confrontées de manière disproportionnée à la pauvreté, à l'exclusion et au chômage. La désinstitutionnalisation, l'éducation inclusive et l'accès à l'emploi restent des défis majeurs. La participation effective des personnes handicapées à l'élaboration conjointe des mesures politiques est un levier essentiel pour garantir la crédibilité et l'efficacité de ces dernières.
Le nouveau budget du Fonds social européen
De nombreuses organisations ont exprimé leurs préoccupations. Elles craignent que la disparition des garanties spécifiques en matière d'inclusion sociale et de handicap n'affaiblisse la capacité de l'Union à soutenir les personnes handicapées, en particulier dans les États membres qui investissent peu dans ces politiques. Des analyses menées dans différents pays ont montré que même les projets financés par les fonds européens peuvent encore donner lieu à des violations des droits fondamentaux, notamment en matière de logement, d'éducation ou d'autonomie.
Préparation et gestion des situations de crise
Le troisième panel thématique est parvenu à une conclusion incontestable : en situation de crise, l'inclusion est une question de survie. Le témoignage de M. Ruslan Topchan, un vétéran ukrainien qui a perdu ses deux jambes, a rappelé que les abris, les systèmes d'alerte et les procédures d'évacuation restent largement inaccessibles aux personnes handicapées. La Commission européenne a proposé plusieurs initiatives visant à rendre la gestion des situations d'urgence plus inclusive : amélioration de l'accessibilité des abris, adaptation du numéro d'urgence 112, diversification des canaux de communication et formation des travailleurs de première ligne. Au cours des échanges, l'importance d'une approche participative a été soulignée, dans laquelle les personnes handicapées ne sont pas seulement considérées comme un public cible, mais sont également impliquées en tant qu'acteurs dans la préparation aux crises et la réponse aux crises.
Access City Award : les villes européennes à la pointe de l'accessibilité
L'Access City Award 2026 a été décerné à Saragosse (1er prix), Valence (2e prix) et Rennes (3e prix), ainsi qu'à Plaisance et Salzbourg pour leurs efforts en matière d'inclusion dans tous les domaines. Ces villes démontrent comment l'accessibilité, intégrée de manière transversale, améliore la qualité de vie de tous et renforce la cohésion sociale.
Quand verrons-nous une ville belge parmi les lauréats ?
Les membres du BDF se réuniront en janvier 2026 et présenteront les principales préoccupations de la Belgique au commissaire et à l'EDF.